La Cordillera Blanca

A entendre les gens autour de nous, nous ne pouvions pas venir au Pérou sans aller voir la Cordillera Blanca. Le problème c’est que c’est comme ça avec tous les lieux de l’Amérique du sud.On a tout de même changé nos plans, et nous voici en route pour Huaraz, au Nord de Lima.

Et on y est même restés une semaine tellement on a aimé !

Nous avons pris un bus de nuit confortable. L’inconvénient du bus de nuit, c’est que tu loupes les beaux paysages. Et puis moi j’aime bien voir ce qu’il se passe dans les villages qu’on traverse. Mais j’aime bien aussi le soir parce qu’on peut voir l’intérieur des maisons allumées, à la déco souvent très sommaire, un hamac pendu au milieu de la pièce. Mais ce que je préfère, c’est me réveiller, tirer le rideau du bus, essuyer la vitre, et découvrir le lever de soleil sur les montagnes. Yeeees je kiffe le bus de nuit !! (Bon, par contre le bus, c’est pas comme dans un dortoir de 6, tu as le risque d’avoir 40 ronfleurs autour de toi… Sans parler du film d’action sur la télévision du bus, au volume maximal ! Ah et j’oubliais : quand le chauffeur dépasse 90km/h, une alarme se déclenche, permettant un réveil groupé :)

Nous arrivons donc à Huaraz, petite ville plutôt agréable, pas trop bruyante, vue sur les hauts sommets enneigés, pas trop de touristes.

Nous sommes accueillis par Ana qui a quelques chambres à l’étage de sa maison.
Les rues de Huaraz sont pleines d’authenticité : des gens vendent du pain dans la rue en fin d’après midi, d’autres des fruits ou des oeufs de caille à grignoter. La plupart sont habillés en tenue péruvienne, les femmes sont très belles et plutôt « in » avec leur legging coloré sous leur jupe a volants, le carré de tissu multicolore attaché dans le dos pour en faire a tour de rôle un porte bébé, un sac a dos, un porte-pain, un porte-branche. Elles portent parfois des trucs énoooormes contenant tout ce qu’elles viennent vendre à la ville, et souvent des kilos de bonnets, gants, pulls qu’elles font elles-mêmes en attendant le client.

Se balader sous les arcades est un vrai plaisir.

On a aimé aller boire des Pisco Sour (alcool péruvien muy rico) et des jus de maracuja sur « notre » petite place et voir les touristes préparer leurs expéditions.
Nous avons cherché pendant une journée une agence qui avait un départ pour le fameux trek du Santa Cruz. Nous n’avions pas encore réalisé que nous étions au Pérou et que ici en Juillet-Août c’est la haute saison et qu’on ne peut pas être autant à l’arrache qu’en Colombie.

On peut faire le trek seul puisque le chemin n’est pas difficile à trouver, mais nécessite un peu de logistique. Ce n’est pas plus économique de le faire par soi-même, et en plus ça nous fait rencontrer des gens, ce qui rend le trek bien plus enrichissant (et puis on s’aime bien avec Paul mais on est content de parler à des autres gens :) )
Après avoir enfin trouvé, il nous fallait choisir un trek d’acclimatation pour ne pas finir les pattes en l’air comme à Los Nevados.

Laguna 69

Nous avons décidé de monter à la Laguna 69, lac de montagne perché à 4 650m d’altitude.

Tout simplement surréaliste : ascension pas franchement facile avec l’altitude mais paysages tellement magnifiques qu’on en oublie (presque) le mal de crâne et l’envie de vomir :)
Pique nique au bord du lac, au soleil. On entendait le glacier craquer, parfois céder sous le soleil, les blocs de glace allant finir leur voyage au fond du lac dans un craquement effroyable. Magique et flippant à la fois.

 

Journée VTT

Le lendemain, nous avons décidé de louer des VTT pour aller faire un tour dans la campagne. Belle ascension à travers champs et villages pour atteindre un petit site archéologique. Pique nique champêtre. Paul s’est même entrainé sur une piste de VTT de descente. Malheureusement j’ai été assignée à prendre les photos. Quel dommage !

Trek de Santa Cruz

Puis le jour du départ pour le trek et arrivé. On refait les sacs (on ré-enlève le short et le maillot de bain même si cette fois-ci il aurait pu servir…).

C’est parti pour 4 jours de trek dans la Cordillera Blanca.

Le trek n’est pas difficile, l’altitude maximale est a 4 750m, atteinte progressivement sans grand problème.

C’est bien la première fois qu’on part 4 jours en montagne sans sortir la veste Gore Tex : grand soleil la journée et nuits étoilées.

Nous dormons sous tente, les nuits sont très fraiches avec des températures négatives mais nous sommes bien équipés. Nous n’avons jamais vu de ciel si étoilé, c’est splendide.

Photos de nos campements à plus de 4000m :

On a l’impression d’être au bout du monde (ah oui en fait on l’est, tout dépend où on se place), c’est génial.

On est avec un groupe de personnes de notre âge (coréens, néozélandais, américains, hollandais, allemand) : 4 jours en anglais, ça fait pas de mal :)

Le trek est magnifique, et pour notre plus grand plaisir finalement peu fréquenté. Nous côtoyons les plus hauts sommets du Pérou, notamment l’Huascaran, point culminant du Pérou à 6 768m. Le pire, c’est qu’il parait accessible !!

Sur le chemin, nous rencontrons des passionnés d’alpinisme qui viennent passer plusieurs semaines ici pour faire les ascensions des hauts sommets.

Pour la petite anecdote :
Le 2ème jour était le plus difficile avec 7h de marche, le passage du col à 4 750 m d’altitude et quelques 3h de descente caillouteuse. On était content d’arriver au campement au bord de la rivière pour prendre une petite douche d’eau de glacier… Quand je m’aperçois que je n’ai plus la pochette de l’appareil photo (qui contient une carte SD avec des photos dessus). Et surtout, je ne sais pas depuis quand je l’ai perdue. Il est 15h. Nous décidons de faire le chemin inverse pour aller la rechercher. On part pour 3h d’ascension sans être sûrs de la retrouver.

A mi chemin du sommet, et après avoir demandé à tous les gens qu’on croisait, on rencontre une guide qui l’avait récupérée !!! Youhou !!!!!

Rentrés à Huaraz, nous nous faisons un restaurant d’un chef français. Au menu : viande d’alpaga (une sorte de lama). Fameux !

Maintenant direction Arequipa pour notre semaine de cours d’espagnol !!

15 reflexions sur “La Cordillera Blanca

  1. Hélène

    Dormir sous tente c’est qd même les hôtels avec la plus belle vue ! Love les copains ! Merci pour le récit, c’est vrai qu’on s’y croirait ! Bonne route ! Régalez vous !!!! On vous embrasse

  2. Benoit

    Hola Paul et Manue,
    Paul ne se doute certainement pas qu’il a suivi les pas de son grand père au cours de ce trek.
    Alpamayo, Chopicalqui, Huascaran… il y a 30ans Papy a foulé les sentiers au pied de ces sommets avec comme point culminant 4850m (mieux que le Mont Blanc qu’il gravit par la suite, mais beaucoup plus facile quand on part des environs de LLanganuco 3800m)!
    Continuez à nous faites rêver!
    Benoit et Fanny

  3. Chachou

    « Que la montagne est belleeeeeeeeeeeeeee, comment ne pas imaginer, en chantant cette ritournelle, espérer un jour y aller « …
    Mais dis donc Manue, ne serais-tu pas devenue encore plus addict que moi à la montagne et la rando? 😉 Grosse bise à vous 2 et bravo pour cette nouvelle ascension !

  4. ULTRAS MONTBELIARD GANG

    Bon Paul, c’est bien joli tu sais, la tête dans les étoiles et tout. Désolé de te ramener sur terre mais le FCSM a 3 points en 4 matchs. Ils sont inquiets de ne plus avoir de nouvelles de leur unique supporter.
    Et pendant ce temps là on arpente les glaciers en toute insouciance… Révoltant

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