Ushuaia : quand l’imprévu devient magique

L’imprévu, c’était d’apprendre que les bateaux officiels qui font normalement la liaison Puerto Wiliiams- Ushuaïa ne fonctionnent pas, mais personne ne peut nous expliquer pourquoi.

Deux solutions pour retourner sur Ushuaïa : les bateaux de plaisance (majoritairement des voiliers), qui se sont mis d’accord sur un prix indécent pour faire le bateau-taxi jusqu’à Ushuaia; et l’avion quotidien de 13 places qui est du coup, complet pour la semaine qui vient.

On passe une journée à chercher un transport sur le ponton, on croise des équipages qui se préparent à partir pour l’Antarctique plusieurs semaines, mais aussi beaucoup de français en voyage longue durée sur un voilier… Des belles histoires qui se croisent autour de cette passion de la voile !

On fait connaissance avec des gens dans la même situation que nous, et on arrive après une journée d’attente, à négocier un prix plus abordable avec Gaston (prononcez Gastoné avec l’accent argentin, ça fait plus classe !).

Gaston est un jeune argentin, qui vit à Ushuaïa avec une mexicaine, et est passionné de voile. Le weekend ils partent donc se promener avec son voilier en bois et retourne sur Ushuaïa le dimanche. Parfait !

C’est à ce moment là que la magie opère.

On embarque le lendemain à 4 heures du matin à bord du Reliance (question de météo). On est 9 à bord : Gaston, sa copine Isabella, deux de leurs amis Fido et Pedro et 5 touristes : Lucie, Loïc, José (espagnol, forcément) et nous deux.
Des bien belles rencontres pour une magnifique traversée du canal de Beagle (6 heures).

Nous assistons au lever de soleil sur le canal, prenons notre petit déjeuner sur le pont, discutons en espagnol, prenons des photos. Même pas le temps de lire tellement il y a de choses à regarder. Nous glissons sur le canal, bordés par des montagnes enneigées, nous apercevons sur les berges quelques maisons isolées, au loin le village que nous venons de quitter, et quelques heures après, apparaît à l’horizon la fameuse ville d’Ushuaïa, notre objectif du jour.

L’équipe est super sympa, on a même l’occasion de goûter aux fameux pancitos de Pedro (des petits sandwiches toastés avec du fromage fondu et de l’avocat, typique du coin).

Gaston nous approche au plus près du phare du bout du monde, et là, comme par enchantement, une baleine apparaît. Nous aurons la chance de voir sa queue 2 fois de suite.

Nous approchons d’Ushuaïa, et allons s’amarrer au yacht club pour aller faire les démarches administratives (eh oui, nous avons traversé la frontière Chili-argentine, pour la neuvième et dernière fois).

Ce devait être une traversée « fonctionnelle », ça s’est transformé en ballade en voilier sur le canal de Beagle, bien mieux que toutes les excursions touristiques que nous aurions pu faire. Et surtout des belles rencontres, inattendues.

Et comme c’est bien souvent le cas, l’imprévu s’est révélé inoubliable… Laisser la place à l’inattendu fait partie des meilleures choses du voyage. On ne le découvre pas seulement maintenant mais ça se confirme encore une fois !

On est ravis de notre épopée, maintenant nous allons profiter d’Ushuaïa, et changer la représentation que nous avons de cette ville (Nicolas Hulot, la pub pour le savon, tout ça tout ça).

Notre auberge, certes excentrée, nous permet d’avoir une superbe vue sur la ville et le port.
Nous retrouvons Melissandre, rencontrée quelques mois plus tôt en remplacement à Septème (38), pour un petit resto et une soirée au Dublin Pub. Après la bière Austral, à nous la Cabe de Horno !

On prends le temps de se rendre compte qu’on est tout en bas du globe, on essaye d’imaginer la découverte de ces terres par les navigateurs, les expéditions, les rencontres avec les indigènes, l’organisation à bord des bateaux de l’époque. Et puis on essaye de s’imaginer l’Antarctique là-bas de l’autre côté…
Il y a un petit côté rêveur à Ushuaïa…

Nous consacrons notre dernière journée pour arpenter les sentiers du Parc de Tierra del Fuego (Terre de feu), très paisible et reposant.

Notre voyage n’est pas fini, mais il y a comme un goût d’épilogue.
Notre arrivée tout en bas est un peu symbolique pour nous, la « traversée » est terminée.

Il nous reste quelques endroits Bonus qui devraient être bien agréables : Buenos Aires, Iguazu et Rio. On a le petit sentiment que c’est la fin mais  il nous reste autant de temps que nos vacances habituelles, c’est bon de se dire ça !

7 reflexions sur “Ushuaia : quand l’imprévu devient magique

  1. Frog family

    Quel superbe récit! J’ai encore voyagé ce matin, merci les amis!
    Ici on est passé en mode raclette, les toasts au fromage fondu sont un avant-goût.
    Bises à vous 2
    La Frog family

  2. Laure

    Profitez-bien de ces derniers jours al fin del mundo, et ensuite dans les lieux bonus qui suivent.
    Une pensée toute particulière en cette fin de voyage pour vous, je ne me rappelle que trop le sentiment quand on repart d’Ushuaia…
    A très bientôt en France, on vous attend à la montagne !
    Bises
    Flo et Laure

    1. Manue Auteur de l'article

      En effet, le sentiment était assez etranger, quasi indescriptible… On a bien profité, maintenant le retour approche, nous prenons notre avion ce soir. On se retrouve a la montagne avec plaisir! Le père Noel devrait nous apporter un DVA parce qu’on a été bien sages!!

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